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le voit en relation avec les personnes les plus illustres de son siècle, et ne se servant de la confiance qu’inspiroit son mérite, que pour les porter à la vertu, pour assurer le triomphe de la vérité. "

Son savoir extraordinaire ne brille pas moins dans toute sa correspondance. Quelque multipliées et diversifiées que soient les décisions qu'il donne, il paroît toujours également profond , toujours instructif, toujours au-dessus des matières qu'il traite. Génie universel, il embrasse tout, le dogme, la morale , la philosophie, l'histoire, le sacré et le profane, l'ancien et le nouveau, sans être embarrassé, ni par l'étendue du sujet, ni par l'obscurité des points qu'il discute. Rien n'échappe à la vive pénétration de son esprit. La modestie de ses décisions en égale la sagesse ; il ne prétend rien tirer de son fonds : ses sentimens sont tous formés sur ceux de la vénérable antiquité.

Nous avons formé trois classes distinctes des lettres de Bossuet, La première classe, sous le titre de LETTRES DIVERSES, a été disposée selon l'ordre chronologique. On ne s'en est écarté que rarement, et lorsqu'il a paru plus à propos de. réunir quelques lettres qui étoient relatives à la même affaire ou au même sujet. Ces lettres remplissent le tome xxxvii, et la plus grande partie du tome xxxvii. Elles commencent par une lettre sur les missions adressée à saint Vincent de

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Paul, par Bossuet, dans le temps qu'il étoit archidiacre de Metz , et dans toute la vigueur de l'âge et du talent; et elles finissent par une lettre où l'évêque de Meaux, accablé de souffrances et retenu à Paris, exprime ses regrets de ne pouvoir assister au synode de son diocèse. Elles embrassent un espace d'environ soixante ans, et la vie publique de Bossuet presque entiere. On y distinguera les lettres, vraiment dignes d'un évêque, adressées à Louis XIV, qui eut toujours la plus haute idée du mérite de Bossuet.

Nous ne nous étendrons pas sur les autres lettres qu'on trouvera dans cette correspondance si yariée et si intéressante. On a mis en note au bas des pages tout ce qui a paru nécessaire pour donner au lecteur une parfaite intelligence des affaires dont il est parlé dans le corps de chaque lettre , et pour faire connoître les personnes à qui elles s'adressent. Nous avons conservé la plupart des notes de l'édition de dom Déforis ; mais nous en avons élagué, corrigé et abrégé plusieurs, et nous avons cru devoir en ajouter quelques-unes. On trouvera dans le xxxvIIo volume deux écrits remarquables que nous avons cru pouvoir placer à côté de plusieurs lettres, où Bossuet a traité des matières analogues. Le premier de ces ouvrages est un abrégé d'un traité de Bossuet sur le Formúlaire. Nous l'avons placé après les lettres au maréchal de Bellefonds, et aux religieuses de Port

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Royal, où Bossuet fait connoître ses sentimens relativement aux affaires du Jansenisme. L'autre ouvrage, qui a été mis à la fin du volume, est l'écrit intitulé : MAXIMES ET RÉFLEXIONS SUR LA CoMÉDIE. Nous l'avons joint aux lettres de Bossuet au père Caffaro , sur le même sujet. Nous n'avions pas de place plus convenable à lui donner; et le parti que nous avons pris a l'avantage de réunir dans le même volume, et de mettre en quelque sorte sous le même point de vue, tout ce que Bossuet a écrit à l'occasion de la dissertation où le père Caffaro paroissoit justifier la Comédie..

La deuxième classe des lettres de Bossuet, contient les LETTRES DE PIÉTÉ ET DE DIRECTION. Les plus remarquables de celles qui forment la seconde partie du tome XXXVIII, furent écrites à madame Cornuau, veuve d'un esprit peu commun et d'une grande piété. Après avoir passé plusieurs années à Jouarre, elle se fit religieuse dans le monastère des Bénédictines de Torci, diocèse de Paris; et Bossuet prêcha à la cérémonie de sa profession. L'abrégé du discours qu'il prononça dans cette occasion, se trouve dans la lettre cxLix, écrite de Paris, dans l'été de l'année 1698. Ces lettres à madame Cornuau furent imprimées pour la première fois en 1746, en un volume in-12. La seconde édition, donnée en 1748, sous ce titre : LETTRES ET OPUSCULES DE M. Bossuer, deux volumes in-12, est un peu différente de la première, et elle paroît mériter la préférence. Dom Déforis s'y est conformé, et nous avons suivi son exemple. Nous avons aussi conservé les Avertissemens que madame Cornuau avoit placés au 'commencement du recueil des lettres qu'elle avoit reçues de Bossuet; ils méritent une attention particulière.

Parmi les lettres du XXXIX® volume, on distinguera celles que Bossuet écrivit à madame Marie-Henriette-Thérèse d'Albert, fille du duc de Luynes, et seur du duc de Chevreuse, religieuse de Jouarre. Elle avoit fait profession dans cette abbaye le 8 mai 1664, et Bossuet prêcha à cette cérémonie. En 1696, elle suivit à Torci, sa sceur aînée Marie-Louise de Luynes, qui avoit été nommée prieure de ce monastère (*); et elle y mourut le 4 février 1699. On lira avec intérêt, à la fin de ces lettres, qui sont au nombre de près de trois cents, la belle épitaphe composée par Bossuet, pour perpéluer le souvenir des vertus de madame d'Albert. On ne sera pas moins édifié des détails qu'on trouvera , dans le même

(*) Les deux soeurs furent élevées à Port-Royal, dont leur père étoit ami. Leur esprit étoit fort cultivé; elles savoient le latin, et même un peu de grec, et avoient des connoissances peu communes dans les personnes de leur sexe. Madame de Luynes avoit aussi fait ses veux à Jouarre, le 7 mai 1664. Elle demeura dans cette abbaye jusqu'à sa nomination au prieuré de Torci, où elle moorut en 1728, ayant survécu près de trente ans à sa sour. Bussuet lui a écrit quelques lettres, qu'on trouvera dans le tome XXXIX.

volume, sur les derniers jours de sa vie. On les doit à la soeur Cornuau.

La dernière classe des lettres de Bossuet contient toutes les LETTRES SUR L'AFFAIRE DU QUIÉTISME, disposées suivant leurs dates. Elles sont remplies de détails curieux, et accompagnées d'un grand nombre de pièces intéressantes. Outre celles que dom Déforis avoit recueillies, nous en avons ajouté quelques-unes, dont l'authenticité ne peut être révoquée en doute. Elles sont relatives à madame Guyon (*). Nous avouons néanmoins que cette volumineuse correspondance sur une seule affaire, qui occupa tous les esprits pendant quelques années, mais qui n'a laissé aucune suite, et qui est terminée depuis si long-temps, peut fatiguer la patience du lecteur. Aussi avonsnous été tentés d'en retrancher une partie, et surtout de supprimer la plupart des lettres écrites de Rome par le neveu de Bossuet; mais le choix de ce qu'on devoit conserver étoit difficile à faire. Nous avons considéré que les lettres de l'évêque de Meaux deviendroient souvent inintelligibles, si nous faisions disparoître les lettres auxquelles le prélat répondoit. Il auroit donc fallu multiplier les notes et les éclaircissemens, ce qui auroit presque autant surchargé notre édition que les lettres elles-mêmes; et on auroit fini par dire que cette édition étoit incomplète, et moins utile que (*) Voyez tom. al, pag. 116 et suiv. 140 et suiv.

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