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POLITIQUE CONTEMPORAINE.

INTRODUCTION

1854-1857.

POLITIQUE GÉNÉRALE. - L'ITALIE.

SITUATION ACTUELLE.

I.

La publication de ce livre a été retardée par des causes dont la confidence importe peu au public. Les appréciations qu'il contient, pour avoir quelques jours de date, n'ont pas moins conservé toute leur portée; au contraire, les événements les justifient tous les jours. Notre travail vient à son heure; basé sur des documents qui ont toute l'importance qu'on attache à juste titre aux actes de la politique actuelle, il peut offrir plus d'un renseignement utile puisé à bonne

source.

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S'il est vrai que l'histoire ne peut s'écrire pour les contemporains, il faut sans doute entendre par là cette chronique intime dont chacun a le droit d'exiger le secret. Mais qu'importeraient de semblables détails à la connaissance de la politique générale ? Les vues qui président à sa marche sont vastes et présentent un intérêt universel; on doit tenir à ne pas les ignorer; par suite il est utile de montrer quel esprit guide la suite des événements. Notre but, en écrivant cet aperçu historique, a été de renfermer dans un cadre synthétique, les informations que la curiosité publique recherche sur ce sujet.

Placé dans un milieu favorable à l'appréciation de certains faits, il nous a paru qu'un intérêt réel pouvait s'attacher à coordonner nombre de renseignements spéciaux avec l'histoire de ces derniers temps, et de montrer le lien qui unit au fond les différents faits dont les feuilles publiques nous apportent chaque jour la connaissance. Nous avons écrit sans parti pris, mais après avoir fixé avec soin notre point de départ et le but que nous nous sommes proposé: la connaissance de la vérité en matière de politique contemporaine. De là ont découlé nos appréciations. Nous nous sommes rangé du côté du plus fort, lorsque sa cause nous a paru juste; mais avant tout, nos sympathies sont acquises au droit du faible, droit légitime, vaincu parfois, jamais prescrit.

Ce point de vue est le point de vue véritable de la politique française. Nous n'avons pas besoin d'en citer des

t

preuves. Chacun en a de présentes à la mémoire; on en trouvera dans tout le cours de ce volume, depuis les causes de la guerre d'Orient jusqu'aux réclamations poursuivies en ce moment auprès du cabinet de Washington pour la réparation du désastre de Grey-Town. Avec le désintéressement chevaleresque qui caractérise ses actes, la France a noblement accepté la grande mission de protéger toujours le droit contre la violence.

A l'heure qu'il est, cette mission est reconnue par tous les peuples. A quelle cause, si ce n'est à la prépondérance qui résulte d'une influence exceptionnelle, attribuer ce concours de souverains et de hauts personnages en France, pendant ces dernières années ? Chacune de ces visites a eu son but. Quel qu'il ait été, semblable démarche contribue toujours à rehausser l'éclat et la gloire d'une nation à laquelle sont manifestées d'aussi illustres sympathies.

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Paris a eu à diverses époques: La reine d'Angleterre,— le prince Albert, le prince de Galles, - la princesse royale, le roi de Sardaigne, - le roi de Portugal, — le duc d'Oporto, le roi des Belges, à Boulogne, — le roi de Wurtemberg, le roi Maximilien II de Bavière, la reine Christine d'Espagne, la Grande-duchesse de Bade, - la princesse Marie de Bade, duchesse d'Hamilton, - le prince Régent de Bade, le grand-duc Constantin, le prince Danilo, souverain régnant du Monténégro, et la princesse sa femme, l'archiduc Ferdinand-Maximilien d'Autriche, le prince Frédéric-Guillaume de Prusse, le prince

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Adalbert de Bavière, le prince Oscar de Suède,

et la duchesse de Brabant,

le duc

le duc de Gênes,- le duc de

Cambridge, le duc de Saxe-Cobourg,

de Nassau,

le prince Nicolas

le prince héréditaire de Toscane, le prince héréditaire de Reuss, — le prince d'HohenzollernSigmaringen, Mgr Pattrizzi, légat a latere.

Ces visites souveraines affermissent la paix générale. Cependant, on parle d'agitations sourdes sur quelques points de l'Europe. L'Italie a paru un instant sur le point de devenir un foyer ardent de luttes révolutionnaires. L'Autriche comprimait des menées dont la portée, exagérée par sa politique ombrageuse, a produit tout le mal dont elle voudrait aujourd'hui rejeter la responsabilité. Cette question et ses conséquences sont graves. Seuls, les faits qui se sont passés dans la Péninsule, depuis dix-huit mois, ont paru menacer de troubler la tranquillité européenne ; aussi comprend-on qu'ils aient préoccupé à juste titre les esprits soucieux de l'avenir.

A la suite des explications échangées entre le roi de Naples et les gouvernements de l'Occident, après les conférences de Paris, en 1856, une rupture a eu lieu entre le cabinet napolitain, d'une part, et les cabinets des Tuileries et de Saint-James, de l'autre. Dans les premiers mois de 1857, une rupture diplomatique a eu lieu également entre le Piémont et l'Autriche. L'une et l'autre querelle a semblé menaçante pendant quelque temps; mais aujourd'hui toutes les deux paraissent devoir aboutir à un prochain arrange

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