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LES

MANUSCRITS

DE

BERNARD GUI.

per venerabilem et religiosum virum bone memorie fratrem Bernardum Guidonis, auctoritate apostolica in regno Francie, maxime in partibus Tholosanis, inquisitorem heretice pravitatis deputatum, qui postmodum fuit factus episcopus Lodovensis, cujus anima requiescat in pace. Amen.

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205. La Pratique de l'inquisition a été composée vers l'année 1321. Les actes qui y sont rapportés comme modèles sont le plus souvent dépourvus de date; il y en a cependant une vingtaine dont les dates ont été conservées1; le plus ancien remonte au 10 août 13092, et les trois plus récents sont du 31 janvier 13203, du 6 février et du mois de juin de la même année. En parlant de l'hérésie des Béguins, l'auteur rappelle les condamnations prononcées contre eux dans les trois dernières années, c'est-à-dire depuis l'année 1318 In istis tribus annis precedentibus, videlicet ab anno Domini MCCCXVIII citra, fuerunt per judicium prelatorum et inquisitorum heretice pravitatis velut heretici condempnati°. . . . . » Cette phrase n'a pu être écrite qu'en 1320 ou 1321. Ailleurs, Bernard Gui mentionne les poursuites qui furent dirigées contre les Béguins en 1321 à Pamiers : « Cepit autem fieri inquisitio contra predictos, primo in provincia Narbonensi ab anno Domini MCCC XVIII citra, et in provincia Tholosana apud Appamias sub anno Domini MCCC XXI, et deinceps successive 7. » C'est donc

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Dans le ms. 98 on trouve quelques
dates qui dans le ms. 196 ont été rempla
cées par etc. Voyez la formule qui est dans
le ms. 98, fol. 36 v°, et dans le ms. 196,
fol. 21 v°, et celle qui est dans le ms. 98,
fol. 34, et dans le ms. 196, fol. 20 vo.

2 Ms. 98, fol. 3, et ms. 196, fol. 3.
3 « ... Sub anno Domini MCCCXX, indic-
tione III, pontificatus sanctissimi patris et
domini nostri domini Johannis divina
providentia pape XXII anno quarto, die
ultima mensis Januarii. . . . » Ms. 98, fol.
39 v°, et ms. 196, fol. 23.

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Lettre de Jean XXII à l'archevêque de Toulouse, le siége d'Auch étant vacant, pour procéder à la dégradation de « Johan

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à l'année 1321 que nous devons rapporter la composition de la Pratique de l'inquisition.

Toutefois, l'appendice contient un morceau d'une date un peu plus ancienne, les mémoires sur la secte des faux apôtres, dont voici le début : « De secta illorum qui se dicunt esse de ordine Apostolorum, et asserunt se tenere vitam apostolicam et euvangelicam paupertatem, quando et quomodo inceperit, et qui fuerint inventores ejus, et de erroribus dicte secte, ut sciant presentes pariter et futuri, conscripta sunt que secuntur. Ab anno itaque Domini MCC LX citra fuit quidam Geraldus Segarelli, nomine de Parma1. . . . . »

Ces mémoires, qui peuvent être cités comme un des écrits les plus curieux de Bernard Gui, sont de l'année 1316. L'auteur le dit expressément. Après avoir analysé les lettres que Dulcin de Novare publia en août 1300 et en décembre 1303, il ajoute : « Je donne ces extraits pour mieux montrer combien le faux prophète s'est trompé. Au moment où je trace ces lignes, le 1er mai 1316, dix ans se sont écoulés depuis l'époque où auraient dû s'accomplir les événements prédits par Dulcin: aucune de ses prédictions ne s'est réalisée2. » Cette date du 1 mai 1316 se retrouve un peu plus loin en tête d'une formule d'abjuration3; elle est aussi au bas d'une lettre que Bernard Gui adressa, de Toulouse, aux prélats et aux religieux des églises

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Ms. 98, fol. 176 v°, ms. 196, fol. 95 vo.

Et hic excerpta descripsi, ut pateat presentibus et futuris eorum falsitas errorque et insania, sicut experientia jam lapsi temporis luce clarius declaravit, quia hoc anno quo hec scripsi, scilicet in kalendis Maii, anno Domini MCCCXVI, jam decem anni clapsi sunt quod illa tempora de quibus dixerat transierunt, et que futura in ipsis predixerat minime evenerunt. . . . ■ Ms. 98, fol. 181 v"; ms. 196, fol. 98.

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BERNARD GUI.

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MANUSCRITS

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BERNARD GUI.

per venerabilem et religiosum virum bone memorie fratrem Bernardum Guidonis, auctoritate apostolica in regno Francie, maxime in partibus Tholosanis, inquisitorem heretice pravitatis deputatum, qui postmodum fuit factus episcopus Lodovensis, cujus anima requiescat in pace. Amen.

205. La Pratique de l'inquisition a été composée vers l'année 1321. Les actes qui y sont rapportés comme modèles sont le plus souvent dépourvus de date; il y en a cependant une vingtaine dont les dates ont été conservées1; le plus ancien remonte au 10 août 13092, et les trois plus récents sont du 31 janvier 13203, du 6 février* et du mois de juin de la même année. En parlant de l'hérésie des Béguins, l'auteur rappelle les condamnations prononcées contre eux dans les trois dernières années, c'est-à-dire depuis l'année 1318: In istis tribus annis precedentibus, videlicet ab anno Domini MCCCXVIII citra, fuerunt per judicium prelatorum et inquisitorum heretice pravitatis velut heretici condempnati°. . . . . » Cette phrase n'a pu être écrite qu'en 1320 ou 1321. Ailleurs, Bernard Gui mentionne les poursuites qui furent dirigées contre les Béguins en 1321 à Pamiers : « Cepit autem fieri inquisitio contra predictos, primo in provincia Narbonensi ab anno Domini MCCC XVIII citra, et in provincia Tholosana apud Appamias sub anno Domini MCCC XXI, et deinceps successive 7. » C'est donc

cées

Dans le ms. 98 on trouve quelques
dates qui dans le ms. 196 ont été rempla-
par etc. Voyez la formule qui est dans
le ms. 98, fol. 36 vo, et dans le ms. 196,
fol. 21 vo, et celle qui est dans le ms. 98,
fol. 34, et dans le ms. 196, fol. 20 vo.

2 Ms. 98, fol. 3, et ms. 196, fol. 3.
3 « ... Sub anno Domini MCCCXX, indic-
tione III, pontificatus sanctissimi patris et
domini nostri domini Johannis divina
providentia pape XXII anno quarto, die
ultima mensis Januarii. . . . » Ms. 98, fol.
39 v, et ms. 196, fol. 23.

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à l'année 1321 que nous devons rapporter la composition de la Pratique de l'inquisition.

Toutefois, l'appendice contient un morceau d'une date un peu plus ancienne, les mémoires sur la secte des faux apôtres, dont voici le début : « De secta illorum qui se dicunt esse de ordine Apostolorum, et asserunt se tenere vitam apostolicam et euvangelicam paupertatem, quando et quomodo inceperit, et qui fuerint inventores ejus, et de erroribus dicte secte, ut sciant presentes pariter et futuri, conscripta sunt que secuntur. Ab anno itaque Domini MCC LX citra fuit quidam Geraldus Segarelli, nomine de Parma1. . . . . »

Ces mémoires, qui peuvent être cités comme un des écrits les plus curieux de Bernard Gui, sont de l'année 1316. L'auteur le dit expressément. Après avoir analysé les lettres que Dulcin de Novare publia en août 1300 et en décembre 1303, il ajoute : « Je donne ces extraits pour mieux montrer combien le faux prophète s'est trompé. Au moment où je trace ces lignes, le 1er mai 1316, dix ans se sont écoulés depuis l'époque où auraient dû s'accomplir les événements prédits par Dulcin: aucune de ses prédictions ne s'est réalisée 2. » Cette date du 1 mai 1316 se retrouve un peu plus loin en tête d'une formule d'abjuration3; elle est aussi au bas d'une lettre que Bernard Gui adressa, de Toulouse, aux prélats et aux religieux des églises

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Ms. 98, fol. 176 vo, ms. 196, fol. 95 vo.

« Et hic excerpta descripsi, ut pateat presentibus et futuris eorum falsitas errorque et insania, sicut experientia jam lapsi temporis luce clarius declaravit, quia hoc anno quo hec scripsi, scilicet in kalendis Maii, anno Domini MCCCXVI, jam decem anni clapsi sunt quod illa tempora de quibus dixerat transierunt, et que futura in ipsis predixerat minime evenerunt. . . . » Ms. 98, fol. 181 v"; ms. 196, fol. 98.

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d'Espagne, pour leur dénoncer la secte des faux apôtres du Christ et pour les inviter à poursuivre rigoureusement les sectateurs de Gérard Segarel et de Dulcin qui commençaient à se répandre en Espagne.

206. Un certain nombre de formules insérées dans la Pratique pour servir de modèles sont des actes véritables, dans lesquels les noms des parties en cause n'ont pas même été supprimés et remplacés par le mot talis ou la lettre N. Parfois, les noms qui ont disparu du texte ont été rétablis en marge. Ainsi, le modèle de la sentence à prononcer contre les hérétiques qui se laissaient mourir de faim plutôt que de faire des aveux1, est daté du 23 octobre 1309 et accompagné de cette note marginale: Iste fuit Amelius de Perlis in Savartesio, dyocesis Appamiensis. » De même, en regard de la sentence du 9 avril 310 (n. st.) contre un manichéen obstiné2, on lit : « Iste fuit Petrus Auterii de Axs in Savartesio, Appamiensis dyocesis. » Ailleurs, on fait observer que telle sentence fut réellement prononcée à Toulouse en 13123, telle autre dans la même ville en 13154. Le modèle de la condamnation encourue par ceux qui entravaient l'action des inquisiteurs a été fourni par le procès intenté aux habitants de Foix: « Forma illorum de Fuxo. *

207. La Pratique de Bernard Gui peut donc servir à combler des lacunes dans les registres de l'inquisition qui nous sont parvenus; mais elle est surtout remarquable par un exposé systématique de la

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