Images de page
PDF
ePub

DHOMERE
TRADUITE EN FRANÇOIS

A V E C
DE'S REMARQUES
PAR MDE. DACIER.

NOUVELLE ÉDITION,
Revue , corrigée & augmentée ; avec Figures.

TO ME. SECOND..

[ocr errors][ocr errors]
[merged small][ocr errors]

A L E IDE,
Chez J. DE WETSTEIN & FILS.

M. DCC. L X XI.

V

me. Nous n'avons pu lire les ouvrages d'Homere , phur-tout son Iliade , laus y admirer un génie vaste & prolong, des connoissances très-érendues, & une vivacité égréable. Le premier, il a su trouver les regles de l'Épopée, &, le premier, il a su les mettre en pratique. Jula ques à présent il ne nous a entretenu que de combats ou les Grecs & les Troyens font alternativement ou vainqueurs ou vaincus : les bleilures qu'il fait dorner à les guerriers , & en fi grand nombre , font toutes différentes & d'autant plus fingulieres qu'elles ne choquent point la vraisemblance : Homere connoit parfaitement la

tructure du corps liumain , & l'oftéologie comme le plus habile Anatomiste. Parle-t-il de la guerre ? il donne des conseils qui proviennent d'une prudence consommée , 8C Ipar-là-même fi utiles , qu'Alexandre le grand le consulcoit souvent dans ses expéditions militaires. S'agit-il des regles de la vie civile ? Alors il nous trace des maxines sublimes, analogues à son fiecle , qui nous le font regarder

comme inspiré par une Divinité (à part toutes les ancierifues absurdités de la fable ). Pour amuser sou lecteur & pour l'instruire en mêine tems , sans lui faire jamais perdre de vue l'ađioni principale, il amene coinne naturel lement des épisodes contenant des aventures fingulieres , épisodes qu'il a rendus néceflaires à fon Poëme , par l'art avec lequel ils lui paroiflent fi naturellement enchaînés.

La colere d'Achille contre Agamemnon & les Grecs ett Be sujet principal de l'Iliade. Nous avons vu jusques à préfent ce Héros, qu'Homere nous a peint extrêmement violent , refuser son secours aux Grecs : le juste reflentimenit qu'il a de l'affront qu'Agamemnon lui a fait de lui enlever la captive Briseis, nous fait remarquer en lui un ceur sensible, jaloux de sa gloire ; & tel est le caractere biftinctif des véritables Héros. Nous venons de voir les Grecs, que Jupiter semble abandonner, perdre déja courage & fuir

vunt Hector que son bonheur présent rend plus présompTEXX; tous ces grands Hommes semblent se déshonorer par kne lioptense retraite : mais le divin Homere rend cette uite nécefi aire , en faisant remarquer que les Grecs ne peuvent pas résister au Maître du tonnerre , & en 10us TOME II.

A

ij peignant Jupiter tonnant sur leurs têtes, & lançant la foudre sur le champ de bataille.

Plus nous avançons & plus le sujet devient intéressant. Les Grecs épouvantés vont bientôt regretter l'absence d'Achille : leur derniere resource est d'implorer son secours avec de vives instances ; mais Achille conserve toue jours fon reflentiment : il est inflexible & ne peut se laisser toucher ni par le malheur des Grecs, ni par leurs brillaites promefes : il permet enfin à son ami Patr de prendre ses armes & de voler à leur secours ; mais Patro. cle, inoins vaillant qu'Achille , succombe sous les coups d'Heâor, & eft tué. Voici le spectacle le plus satisfai. Sant: Achille en fureur d'avoir perdu son fidele Patrocle , se dispose à combattre : le refientiment qu'il avoit contre les Grecs s'évanouit , ou plutôt le tourne contre Hector & les Troyens ; il venge la mort de son ami par celle d'Hector dont il fait traîner le cadavre lié à son char avec ignominie , & il fait un carnage horrible des Troyesis.

Que de beautés sont prodiguées dans ce Poëme! Pour nous, nous ne ceflons de les admirer & nous nous pref. foris de venir à l'ouverture de la scenie.

ARGUMENT DU IX. LIVRE. A

GAMEMNON désespérant du salut de l'armée ,

convoque l'allemblée des Grecs & conseille de Se retirer. DIOMEDE se levant s'oppose fortement à cet avis , & NESTOR qui parle après lui , le loue. de la maniere fage & hardie avec laquelle il a parlé au Roi. Il dit ensuite ce qu'il juge à propos que l'on falle, & par son conseil on enroie ULYSSE & AJAX, fils de TELAMON, à Achille, pour tâcher de l'adoucir , & PHOENIX est prié de les accompagner. Ils font tous trois des discours très-forts & très-tou. chanis , accompagnés de grandes offres de la part d'AGAMEMNON, mais cet inflexible héros rejette toutes leurs prieres, & leur répond avec dureré ; il resient pourtant PHOENIX dans sa sente. AJAX & ULYSSE s'en retournent rendre compte de leur amlalade, & les troupes sont se reposer.

[ocr errors]

6 L'ILIA DE D'HOM ER E.

90* LIVRE IX. Es TROYENS I fe tenoient ainsi sur leurs gardes près des feux qu'ils avoient allumés, & qui éclairoient la plaine ; 2 mais les Grecs effrayés

par Jupiter. même, s'abandonnoient à la fuite , compagne inséparable de la peur,

1 Les Troyens se tenoient ainsi sur leurs gardes ) Nous Penons de voir commencer à la fin du livre précédent la vuit du reizieme jour de la colere d'Achille ; cette mnie occupe tout ce qu'Homere raconte dans les deux livres fuivans , & on verra que cette nuit est très-bien employée. Ce livre est parfaitement beau. Eustathe en a très-bien inge , quand il a écrit : πάνυ δε εναγώνιος και ραψωδία και Σελήν έχουσα δύναμιν ρητορείας δικανικής , ν οίς οι μεν ερέσβεις λίγουσιν, ο δε Αχιλλέυς αντιλέγει, και είπέρ αλλάχου ενταύθα την ώ λόγω πολιτικά ρητορικήν "Ομηρος

aid e'xvutas, Ce livre est très-vif , plein d'action , & renferme une force d'éloquence admirable pour le ciaire , dans tout ce que les ambassadeurs disent d Achille, & dans tout ce qu'Achille leur répond ; & jamais Homere d'a mieux fait 'voir que dans ce livre la force de fon-art mero veilleux dans les discours politiques.

2 Mais les Grecs effrayés par Jupiter méme ) Horriere die veut pas que son ledeur oublie un seul moment que

genre judi

« PrécédentContinuer »