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DENTU, Imprimeur - Libraire, rue du
- Pont-de-Lody, n.° 3.

1M, D, CCCVII,

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C., ouvrage est moins une exacte traduction qu'une imitation hardie des Églogues de Virgile ; l'exactitude classique et littéraire ne sert qu'à rabaisser l'essor poétique. L'auteur a cru devoir en secouer le joug, intimidé et averti par le peu de succès de quelques traducteurs de différents poëtes; traducteurs craintifs et scrupuleux, qui n'ont eu d'autre mérite dans leur travail que celui de prouver au public qu'ils savoient expliquer mot pour mot leur auteur; mérite de pédant ou d'écolier. Pour trop vouloir conserver

l'air latin à leur original, ils l'ont souvent privé des beautés que la langue francoise devoit lui prêter. Ils ont pris beaucoup de peine ; il en falloit moins pour mieux faire : le vrai goût demande qu'on marche à côté de son auteur, sans le suivre en rampant, et sans baiser humblement tous ses pas. On doit le naturaliser dans nos mœurs, oublier ses tours, ses expressions, son style étranger au nôtre, ne lui laisser enfin que ses pensées, et les exprimer comme il auroit dû faire lui-même s'il avoit parlé notre langue. Le caractere libre de la poésie françoise ne se plie point volontiers à la précision du vers latin : ainsi on s'est mis au large, sans s'enchaîner aux termes ; on ne s'est étudié qu'à conserver le fond des choses ; on a quelquefois resserré, quelquefois étendu les pensées du poëte, selon le besoin des transitions et les contraintes de la rime. On ne doit montrer son auteur que par les endroits avantageux. Tous le sont à-peu-près pour Virgile ; cependant on a cru devoir décharger le style de, certaines circonstances qui ne pourroient être rendues heureusement : il est des traits que les abandonneroient dans la version. Par exemple, la circonstance des mœurs d'Églé , dans la sixieme Églogue, et la joue enluminée du dieu Pan dans la dixieme, n'ont rien de bas dans le latin; ce sont des situations naïves que la délicatesse de l'expression releve; mais elles ne présenteroient en françois qu'une idée basse et burlesque : ces légers retranchements sont rachetés et remplacés par un peu plus d'étude dans les endroits riants et favorables. Il n'est pas besoin de justifier quelques changements dans les noms des bergers ; chose indifférente, et qui n'ôte rien au sujet ni à la conduite du poëme. On s'est permis une liberté plus considérable, mais qu'on a cru nécessaire à nos mœurs et à notre goût ; c'est le changement de quelques noms de bergers en des noms de bergeres; par-là les sentiments sont ramenés dans l'ordre, l'amour se trouve dans la nature, et le voile est tiré sur des images odieuses et détestées, qui pouvoient cependant plaire au siecle dépravé du poëte ; c'est par ces mêmes égards qu'on a risqué la métamorphose de l'Alexis : quelque

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personnes d'un goût délicat et d'une critiqu

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