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SUR LES ÉCRITS DE ROUSSEAU

Contenus dans ce volume et dans le suivant.

ROUSSEAU JUGE DE JEAN-JACQUES.

# Cer ouvrage, fruit de la vieillesse de Rousseau, peut êtra considéré comme une suite de ses Réveries, puisque l'auteur s'y abandonne souvent aux sentimens dominans de son ame, et , disons-le avec franchise, aux préjugés de son esprit. Ce n'est pas un des principaux écrits du philosophe de Genève, mais il porte l'empreinte de son génie, comme tout ce qui est sorti de sa plume.

DISCOURS coURoNNÉ PAR L'ACADÉMIE DE DIJoN, EN 175o.

Dans deux passages de ses écrits , Rousseau a raconté l'origine de ce discours éloquent; c'est dans ses Confessions et dans ses lettres à M. de Malesherbes. Voici comme il écrit à ce dernier : « J'allais voir Diderot, alors prisonnier à Vincennes ; j'avais dans ma poche un Mercure de France, que je me mis à feuilleter le long du chemin. Je tombe sur la question de l'académie de Dijon, qui a donné lieu à mon premier écrit. Si jamais quelque chose a ressemblé à une inspiration subite, c'est le mouvement qui se fit en moi à cette lecture. Tout à coup je me sens l'esprit ébloui de mille lumières, des foules d'idées vives se pré

sentent à la fois avec une force et une confusion qui me jeta .

dans un trouble inexprimable; je sens ma tête prise par un étourdissement semblable à l'ivresse. Une violente palpitation m'oppresse, soulève ma poitrine ; ne pouvant plus respirer en marchant, je me laisse tomber sous un des arbres de l'avenue , et j'y passe une demi-heure dans une telle agitation, qu'en me relevant j'aperçus tout le devant de ma veste mouillé de mes larmes sans avoir senti qiie j'en répandais. Oh , monsieur , si j'avais jamais pu écrire le quart de ce que j'ai vu et senti sous cet arbre, avec quelle clarté j'aurais fait voir toutes les contradictions du système social; avec quelle force j'aurais exposé tous les abus de nos institutions ; avec quelle simplicité j'aurais démontré que l'homme est bon naturellement, et que c'est par ces institutions seules que les hommes deviennent méchans ! Tout

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